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Date
17 Mars 2026
Temps de lecture
8 min
Auteur
Ollier Myléna

Stationnement payant : un système historique qui a su trouver sa place

De nos jours, le stationnement payant est un dispositif largement appliqué dans les centres-villes du monde entier. Bien qu’il ne fasse pas toujours l’unanimité auprès des automobilistes, ce système permet néanmoins de réguler une offre de stationnement limitée. La FÉDÉ revient sur l’histoire de son instauration, des premières réglementations aux systèmes de paiement actuels.

Des origines qui remontent à l’Antiquité

Les premières formes de réglementation autour du stationnement apparaissent presque en même temps que l’invention de la roue, marquant les prémices de la gestion de l’espace dans les villes.

 

La première règle liée au stationnement remonterait à environ 700 avant Jésus-Christ, durant l’Antiquité. À cette période, le roi d’Assyrie Sennachérib, souverain d’un territoire du Moyen-Orient situé dans le nord-est de l’actuel Irak, interdit le stationnement des chars le long de l’allée principale de Ninive, l’une des villes majeures de son royaume. L’objectif est alors de laisser suffisamment de place pour le passage des troupes et des cortèges d’apparat, composés notamment de carrosses circulant dans les rues lors des sorties publiques du roi et des grandes cérémonies.

Sennachérib d’Assyrie pendant sa guerre babylonienne, bas-relief provenant de son palais à Ninive

Bas relief en pierre du roi Sennachérib d'Assyrie en -700 av JC sur sn carosse tiré par un cheval et ses troupes qui suivent derrière
Crédit : Domaine public (wikipédia.org)

Les premières restrictions en France 

En France, les premières traces de gestion du stationnement apparaissent dans un texte officiel consacré à ce sujet : le décret du 10 août 1852, qui complète la loi du 30 mai 1851 sur la police du roulage et des messageries. L’article 10 de ce texte précise l’interdiction de « laisser stationner sans nécessité sur la voie publique une voiture attelée ».

 

Ce type de restriction et d’interdictions participe progressivement à la mise en place d’une régulation du stationnement dans les villes, qui mènera plus tard à l’instauration du stationnement payant.

Bayonne, ville pionnière du stationnement payant en France

Vue de la Place Saint-Esprit à Bayonne en 1939

Vue d'ensemble de la place Saint-Esprit à Bayonne en 1939 avant la guerre avec des voitures et le tramway
Crédit : Marcel Delboy / Collection Christian Prieur

Face au fort déséquilibre entre l’offre et la demande de stationnement sur la voie publique, l’instauration du stationnement payant s’est progressivement avérée essentielle.

 

La ville de Bayonne, située dans le sud-ouest, est la première en France à instaurer un stationnement payant en 1926 suite au constat de la municipalité que de plus en plus d’automobilistes se garent dans le centre-ville. La taxe s’applique à certaines rues du centre-ville et s’élève à 2 francs par jour et par voiture, ou 36 francs pour un abonnement annuel. Les arrêts de courte durée restent gratuits. Cette mesure suscite rapidement des réactions de la part des automobilistes, certains n’hésitant pas à dénoncer une décision jugée injuste.

Un système adopté par Toulouse

À la fin des années 1960, d’autres villes emboîtent le pas à Bayonne, comme Nice ou encore Paris. Ce n’est que quarante ans plus tard que Toulouse adopte à son tour ce dispositif. En 1970, un article du journal Le Monde annonce alors la mise en place du stationnement payant dans la ville : « Le stationnement payant sera institué sur les allées Jean-Jaurès ». Cette décision est prise par le maire de l’époque, Louis Bazerque, lors d’un conseil municipal.L’objectif de cette mesure est d’améliorer la circulation automobile et d’éviter le stationnement de longue durée dans certaines zones stratégiques du centre-ville.

 

La même année, plusieurs projets d’aménagement urbain sont annoncés, comme la construction d’un parking souterrain sous la place du Capitole, qui servait jusque-là de parking à ciel ouvert.

 

Ces pratiques, adoptées dans de nombreuses villes françaises à cette période, visent à répondre aux enjeux de gestion de l’espace public, notamment face à l’essor de l’automobile. Le parc automobile français atteint 13,7 millions de voitures au début des années 1970.

La place du capitole en guise de parking au début des années 60

Parking à ciel ouvert rempli de voitures sur la place du Capitole à Toulouse
Crédit : Archives municipales

Travaux de construction du parking souterrain sous la place du capitole

Traveaux de construction du parking souterain sous la place du Capitole à Toulouse
Crédit : Archives municipales

L’évolution des solutions de paiement 

La mise en place du stationnement payant s’accompagne également d’innovations ingénieuses destinées à faciliter sa gestion.

 

Le premier dispositif utilisé est le parcmètre, inventé par l’avocat américain Carl Magee. Il est installé pour la première fois le 16 juillet 1935 à Oklahoma City, aux États-Unis. Cette solution vise à décourager le stationnement de longue durée dans les quartiers commerçants et à encourager l’utilisation des parkings et de garages dédiés. Les machines fonctionnent grâce à l’insertion de pièces de monnaie et chaque place de stationnement dispose de son propre parcmètre. Pour les autorités publiques, ce système représente également une opportunité de générer des recettes supplémentaires.

Parcmètres à Omaha, dans le Nebraska en 1938

Rengée de voiture garée à Omaha aux Etats-Unis en 1938 avec des parcmètres à chacune des places de parking
Crédit : Bibliothèque du Congrès des Etats-Unis
Jeune femme blonde utilisant un horodateur dans une rue

Avec le temps, le parcmètre évolue vers un dispositif plus moderne : l’horodateur. Contrairement au parcmètre, celui-ci permet de gérer plusieurs places de stationnement à la fois, délivre un ticket à placer sur le tableau de bord du véhicule et permet également un paiement par carte bancaire. Ce système, également appelé stationnement « en temps réel », est plus précis et reste aujourd’hui très répandu dans les centres-villes français.

 

Cependant, ces bornes sont progressivement remplacées par des solutions numériques. Des applications mobiles dédiées permettent désormais de payer son stationnement directement depuis son téléphone.

À Toulouse, il est ainsi possible de régler son stationnement via des applications telles que PayByPhone, EasyPark ou encore Flowbird.

Aujourd’hui, le stationnement en ville constitue une problématique majeure pour les usagers de la voie publique. L’instauration du stationnement payant est donc l’un des outils mis en place par les autorités publiques. Ainsi, de plus en plus de rues adoptent ce dispositif.

 

À Toulouse, le stationnement payant a récemment été étendu à de nouveaux quartiers. En novembre 2025, il a notamment été instauré dans les secteurs Croix-de-Pierre et Fontaine-Lestang.

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